le lecteur et "son" roman

Publié le par Catherine Redelsperger

Revue Qualitique numéro de juin 2007

Sélection du mois

LIVRES

Dayly Texas


Deux question-clés à Catherine Redelsperger

Qualitique : Qu’est-ce qui amène une consultante en management comme vous à écrire un roman ?

CR : Dans mon métier, j’adosse l’accompagnement des personnes et des équipes aux sciences humaines.
Je sers souvent de « passeuse » de savoir. Par ailleurs, je suis théologienne protestante de formation et
je me suis toujours intéressée à la lecture, à l’interprétation, à la dimension narrative d’un histoire qui inspire.
J’ai le goût de nourrir par une réflexion qui amène à agir autrement.
Dans l’entreprise, le récit est en train de reprendre sa place. Je pense en particulier
au récit des origines de la fondation d’une entreprise ainsi qu’à la construction de scénarios
pour créer la stratégie à venir.
En écrivant Dayly Texas, j’ai voulu mettre en scène un cadre dirigeant,
Sam, qui exerce des responsabilités sans en mesurer les conséquences. Sam va vivre une aventure, qui,
après une prise de conscience, l’amènera à un changement de vie radical.
Un roman, c’est comme une auberge espagnole. Le lecteur et le roman viennent chacun avec des victuailles
à partager. Un roman, c’est aussi une rencontre, et non un savoir à absorber ou des idées à critiquer.
Un roman, c’est une expérience à vivre en lisant.

Qualitique : Quelle est votre approche de la qualité en terme de qualité artistique.

CR : Il faut commencer par définir le sens du mot qualité. Quand je définis les qualités d’une personne,
je la caractérise, je sélectionne ce qui en fait sa spécificité.
La qualité d’un livre pour moi se joue à trois niveaux indissociables : l’auteur, le texte et le lien au lecteur.
La qualité essentielle de l’auteur est son éthique : quelle est l’intention de l’auteur ?
sur quoi sont fondées ses valeurs ? Le deuxième niveau est celui du texte lui-même : quelle est la qualité de la structure, du style ? L’originalité d’un texte se définit quelque part entre le respect de codes littéraires et la transgression de ces codes. La qualité se définit alors comme confrontation aux normes du moment.
Le troisième niveau est celui du lecteur : quelle place le livre laisse-t-il au lecteur ?

Le lecteur y trouvera-t-il de quoi construire « son » roman ?


Propos recueillis par Béatrice Quasnik



Catherine Redelsperger
Littérature française - premier roman - Hachette Littératures
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Publié dans Presse

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