Souvenir d'une lecture, texte de Guillaume Conan-Vrinat
Pour Catherine, Souvenir d’une lecture De longues plages de sable blanc, une baie vitrée, femme rousse, un ensemble YSL 70…et le parfum d’une fin de monde, comme transparente, un assoupissement. Derrière la baie vitrée, palpitant, homme nu-chat nu, à la chair synthétique parcourue de veines bleues… et le regard paisible implorant d’un cyborg déconnecté au cours de son devenir-humain, regard de deuil de soi-même. Cette scène, vous ne la trouverez pas dans Daily Texas. Catherine Redelsperger ne l’a pas écrite. Simplement, c’est assis sur le sofa vert de cette maison, dans l’empreinte laissée par cette femme, intrigué par les traces de buée sur la vitre…que j’ai lu son livre. Et, je me suis persuadé que cette belle femme rousse était Catherine. Et si je suis seul sur le sofa c’est que dans un temps parallèle à celui de ma lecture, elle m’a délaissé pour son bureau, à l’étage de cette maison, et que peu à peu les évènements de Daily Texas … La dérive technocratique est advenue. L’écriture est prophétique. La narration est un salut. … ont créé un temps nouveau. Un temps de l’événement, un temps de l’existence. Ce livre est animé par cette idée si simple et si belle que la vie d’un homme est narrative. Voilà, on peut changer de point de vue, voilà l’événement existe, voilà on peut se révéler à soi-même et aux mondes, le processus existentiel est narratif, donc les temps parallèles existent, donc la vie humaine est agitée par des éléments qui lui sont extérieurs, voilà, les percevoir est primordial. Je prends l’avion ce soir à 21h. Je rentre de Daily, Texas. Je quitte à regret ces longues plages de sable blanc…
Publicité