Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 18:57

Météorites et cailloux, accrocs et crochets, icebergs et rivages,

animaux libérés et esprits aiguisés

ou

Banquet sur une plage

Lidwine Prolonge

Chronique à propos de Daily, Texas, de Catherine Redelsperger

 

L’écriture de Catherine Redelsperger procède d’une manière qui est parfois sans-façon, mais non sans-gêne, bien au contraire ; car elle engendre souvent une gêne, relativement sourde, non palpable. Cela ressemble à l’effet d’un habit familier qui serait devenu soudain légèrement trop petit, et qui gêne aux emmanchures. On ne saurait dire du reste si c’est nous qui avons grandi durant la nuit – improbable, excepté si l’on est un enfant, ce qui peut arriver – ou bien si c’est l’habit, pourtant si connu, si intime, qui a changé. En général, c’est simplement que l’on avait pas tout à fait bien regardé au début, et qu’il faut à présent plisser les yeux pour mieux voir ce qui se dérobait jusqu’ici.

L’écriture de Redelsperger fait apparaître une fissure, et par là, nous entendons également le fait particulier qu’elle n’impose pas une faille abyssale. Cela pourrait s’apparenter à certains mécanismes de la littérature dite fantastique, de Maupassant à Poe, où l’étrange l’est d’autant plus qu’il suinte dans un univers où tout a été installé par l’écrivain pour nous faire sentir la tranquillité des lieux et donc mieux nous saisir par la brusque apparition d’un seul élément qui apparaît par contraste comme non ordinaire, extraordinaire – matière dont on fait les histoires. Mais si elle se rapproche de cette littérature par cet effet, elle en est également éloignée par le fait que l’élément étrange ne l’est pas pour elle.

L’étrange est chez elle un animal familier, qu’elle s’efforce d’abord de nous faire voir puis de nous faire apprivoiser.

Quant aux façons que nous évoquions au commencement, elles sont tout à fait singulières. D’une part, il y a la forme mouvante du roman, des tournures, des effets de fiction qui sont tout à fait reconnaissables, dans le sens où ils ne mettent en danger ni le lecteur ni la littérature elle-même. Qui lui font honneur, qui mènent le lecteur, le font haleter, et prendre un chemin déjà parcouru – et pourtant toujours agréable. C’est le même sentiment qui nous fait revenir sans cesse aux romans policiers, dont elle emprunte, à l’instar de la littérature fantastique, quelques traits.

En bordure pourtant, il y a des pierres étranges. Certains feront remarquer que ces cailloux brisent l’harmonie qui commençait à se faire voir, que ce sont des accrocs dans la maille lisse de la fiction qui se déployait pourtant si bien, et quelque lecteur ira jusqu’à parler de maladresses. Mais ces pierres sur lesquelles nous buttons ne sont pas arrivées ici par hasard. C’est l’écrivain qui les a posées, doucement mais sciemment. En réalité, si l’on creuse un peu l’affaire, il se pourrait bien que ces pierres soient le centre de gravité du roman ; que l’intrigue, l’ossature, le chemin, ne soient présents que pour rassurer le lecteur, qui, s’il voit un amas de pierre au lieu du chemin d’herbe grasse auquel il est habitué, s’enfuit à toutes jambes – parfois avec raison.

L’écrivain a donc dû faire ployer son étrangeté sous le quotidien de la littérature, la faire tremper dans un bain romanesque connu et reconnu, et se faire elle-même couleuvre. Car cela lui permet d’être lue, tout simplement. La délicate vigilance dont elle a dû faire preuve a tenu à ne pas faire disparaître toutes les pierres, à trouver un équilibre fragile, instable, qui oscille entre l’herbe et la pierre, entre confort et inconfort, entre foulées et foulures. Les pierres sont des paillettes d’un autre monde, des morceaux d’iceberg, des bribes curieusement ramenées dans le réel par la fiction, des butées de porte contre lesquelles notre esprit vient cogner, et du ressac.

Sans cesse ramené sur ce rivage, l’esprit égaré trouve de nouveaux repères, sans réussir à les visualiser tout à fait. Il fait encore nuit. On ne distingue rien que le bruit de l’eau proche, des bruissements, des frémissements.

Des pans entiers de l’histoire se déplacent par blocs. Tout se meut lentement, mais sûrement. Il y a là une tranquillité d’esprit qui nous entraîne avec elle sur des sentiers pentus, avec la certitude que même si la pente s’inversait, on ne tomberait pas. Car le guide en est lui-même certain. Lui faire confiance n’est pas forcément logique mais c’est une certitude intérieure, impérieuse. On se laisse glisser, bercer vers la nuit d’encre, on laisse se satisfaire d’autres sens.

L’intrigue se noue, puis se dénoue. Comme dans tout roman. Des points d’orgue, des poursuites haletantes, des pièces de puzzle, tout s’organise en une structure que nous connaissons pour l’avoir recherchée, et trouvée parfois. Mais lorsque soudain la résolution a lieu, ce n’est pas, comme dans les romans policiers, l’histoire qui se résout ; ce n’est pas non plus le piège implacable de certaines littératures, qui fait reconnaître le génie de l’auteur. Ce n’est pas quelque chose d’extérieur qui se produit et qui suscite notre admiration, ou qui apaise notre faim et nous laisse repus de cette énigme dévoilée. Quelque chose manque. La résolution n’est pas totale, et nous ne parvenons pas à reconstituer le chaînon manquant. Des blocs restent en suspens. Des icebergs poursuivent leur dérive.

C’est que le lecteur a lui-même été déplacé. Ce qui manque, c’est lui-même. La place vide, c’est celle qu’il occupait, dans l’espace et la construction de l’affaire. Et ce qui n’est pas résolu est dû à la retenue de l’écrivain, qui se garde bien de dicter les dernières lignes, intimes, du lecteur. Par souci, par délicatesse envers son hôte, la résolution n’est pas totale, échappant ainsi au totalitarisme. L’écrivain est un guide et ne siège pas dans un mirador, même si elle jouit d’une vue quasi panoptique. On ne déplace pas ses hôtes pour les résoudre. Ce serait faire vœu de pauvreté. Ce serait éventrer la poule. Les œufs d’or courent au dehors, en dedans, elle nous laisse sur notre faim, sensation forte, bien plus forte que le désir apaisé. Nous sommes au bord du banquet, l’écriture agissante de Catherine Redelsperger nous a amené sur un autre rivage, devenu entre t
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : les lecteurs ont écrit
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 10:30
Dayly Texas, page 212 Vraisemblablement vrai Semblable ment Si je ne nais à moi-même Visiblement vis Lisible amant Lisière de mon corps À mon âme Vociférante vox Différente entente Déférence aux maîtres À mon interprétation Vaguement va! Aguerri chemin Augure du détour À mon avenir Versatile vers Réversibilité du temps Réverbération des lumières À je suis
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : la filiation
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 11:35
Au commencement d'un livre Pourquoi décide-t-on, un jour, d'écrire un roman qui plus un thriller? Rencontre avec Catherine Redelsperger, théologienne protestante de formation, auteur de Dayly Texas. "Bereshit" : "Au commencement"...;Au commencement très tôt dans la vie de Catherine Redelsperger, il y a la lecture. Et l'on sait que tout écrivain se forme et se nourrit de lecture. Catherine enfant, en effet, lit tout ce qui lui tombe sous la main. Pous sa confirmation, elle demande à sa marraine de lui offrir un novueau testament en grec. Les études à la factulté de théologie ne sont pas loin. La voilà qui se passionne pour les récits de l'Ancien Testament, pour les mythes, le langage et la philosophie :"J'adore, dans la Bible, ce fatras de style littéraires. Les récits historiques côtoient la poésie, le chant, les chroniques..."Elle oriente son mémoire de maîtrise sur l'acte de lecture : que se passe-t-il netre un auteur, un texte et un lecteur? Comment se fait-il qu'un livre puisse aider à vivre et à se construire? Aujourd'hui après des études complémentaires en sciences de l'éducation et en gestion d'entreprise, Catherine habite Paris et est consultante en management pour de très grandes entreprises comme adidas ou France 2. elle y accompagne des cadres, des ingénieurs, des dirigeants et tavaille avec eux, entre autres, la question du sens de la vie. La théologie, la philosophie et la psychologie, elle y revient donc san cesse : "il m'arrvie fréquemment d'utilise le texte biblique pour aborder les questions de la culpabilité, du rapport au temps ou de notre difficulté à séparer et ordonner les choses par exemple.... Parallèlement, Catherine continue a beaucoup lire et pas seulement sur la sociologie des entreprises. Elle fait le projet de rédiger un essai sur l'éthique du désir ent trois parties, dont l'un serait constituée de récits. Ses deux interlocuteurs privilégiés un philosophe de l'antiquité et un talmudiste, l'encouragent dans la voie du roman. Catherine se lance. La préparation de Dayly Texas lui prend une bonne année. Elle travaille en amont les questions théoriques de filiation, de clonage, de droit international.. Le résultat : un livre un peu hybride dont le charme réside justement dans le mélange de genre. Des ce polar Psycho-philosophique, on croise Sam Rosenfeld, cadre supérieur d'une grosse multinationale qui se cherche et se heurte à la figure de son père; Alice, une jeune scientifique qui se déplace en trotinette et qui cache bien son jeu; Vincent, le frère d'Alice, un journaliste enquêteur qui ne craint pas de mettre les pieds dans le plat. "Un roman, c'est comme une auberge espagnole, dit encore Catherine Redelsperger, chacun vient avec des victuailles à partager. C'est une affaire de rencontre, et pas de savoir à absorber ou d'idée à critiquer. Un roman, c'est avant tout une expérience à vivre en lisant. "Bereshit" : "au commencement"... c'est parce qu'il tombe sur ce mot hébreu sculpté dans du bois que Sam, l'un des personnages principaux du livre de Catherine Redelsperger, commence un itinéraire intérieur qui va transformer sa vie. Catherine n'est pas de ces auteurs de romans noirs qui désespèrent de la nature humaine. Au contraire. On sent chez elle une espérance ancrée au plus profond, nourrie par son éducation, son expérience de la vie et le texte biblique des origines. Patricia Rohenr-Hégé Le messager 14 octobre 2007.
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : l'auteur
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 17:59
Dayly, Texas, page 83 "- Alice, rafraIchis-moi la mémoire, l'histoire de Narcisse. Vincent lève les yeux au ciel : - Bon, OK, satisfais la curiosité de Samuel, mais donne-lui la version courte. - Je ne peux pas faire autrement que de commencer par Tirésias, parce que tout est lié. - J'avais dit bref.... - Tirésias est l'homme qui a connu le plaisir en homme puis en femme. Jupiter prétendait que le plaisir de la femme était supérieur à celui de l'homme. Junon le réfutait. Ils interrogérent Tirésias qui déclara que Jupiter avait raison. De dépit, Junon punit Tirésias de cécité. Mais le dieu tout puissant lui offrit le don de deviner l'avenir en compensation. Les parents de Narcisse consultèrent Tirésias. Il dit de l'enfant qu'il verrait sa vie longue "s'il ne se connaît pas". Tu connais la suite. Narcisse grandit en beauté et il ne cède à aucune avance. Il n'aime personne. Il va jusqu'à faire dépérir la nymphe Écho. Jusqu'au moment où l'un de ses prétendants dit "qu'il puisse aimer, lui aussi, et ne jamais posséder l'objet de son amour." Le voeu funeste est exaucé par une déesse. Et Narcisse tombe amoureux de son reflet qu'il veut saisir dans l'onde et périt."
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : mythologie
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 17:42
Dayly, Texas page 40 Samuel raconte "Nous espérions en nous rendant chez Jeffbackery rencontrer sur notre chemin des héros, des êtres fragiles à sauver, une pierre magique. Un jour nous avons recueilli un écureuil. il allait lentement boitant sur les abords de Central Park, non loin de notre espace à patins à roulettes. Nous l'avions facilement repéré. Les écureuils, nous les observions pendant des heures. Nous savions leur course, faites d'accélération, de freinage brutal, de position d'arrêt inquiéte, la tête, rapidement à gauche, à droite, pour repartir dans une acceleration imprévisible. Nous les chercions au début de l'automne roux, entre les feuilles des arbres. Nous les comptions. Certains bons jours, nous en dénombrions cent cinquante autour de notre cercle de jeu. Bref, ce jour-là, l'un d'entre eux était blessé. Nous avions pu caresser son pelage, moins doux qu'au regard. Nous lui avions fabriquer une attelle avec un bâton de glace acheté au kioske à l'enttée du zoo et un lacet sacrifié de la chaussure de mon frère. Nous avions récupéré une boîte de carton et préparé un nid de feuilles de marronier. L'écureuil contrairementà nos espoirs n'était guère conciliant....
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : Dayly Texas
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 14:35
La semaine culturelle du Messager n° du 14 octobre 2007 Des personnages bien campés, originaux et plutôt sympathiques, un rythme mené tambour battant et une tension qui ne quitte pas le lecteur : le premier roman de la théologienne protestante Catherine Redelsperger nous emmène dans les coulisses d'une puissante multinationale impliquée dans des affaires louches de trafic de drogue et d'organes. Un thriller qui, l'air de rien, aborde des questions de bioéthique, de psychologie et de sens de la vie et voit "son héros" vivre une quasi conversion. Deux styles d'écriture sont utilisés en alternance : des pharases courtes, coupées au cordeau pour la narration et de longs monologues littéraire pour décrire l'itinéraire intérieur du personnage principal. Un livre très plaisant. P. R.-H Catherine Redelsperger, Dayly, Texas, Hachette Littératures, 230 p. 18 Euros.
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : Presse
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 18:07
Pour Catherine, Souvenir d’une lecture De longues plages de sable blanc, une baie vitrée, femme rousse, un ensemble YSL 70…et le parfum d’une fin de monde, comme transparente, un assoupissement. Derrière la baie vitrée, palpitant, homme nu-chat nu, à la chair synthétique parcourue de veines bleues… et le regard paisible implorant d’un cyborg déconnecté au cours de son devenir-humain, regard de deuil de soi-même. Cette scène, vous ne la trouverez pas dans Daily Texas. Catherine Redelsperger ne l’a pas écrite. Simplement, c’est assis sur le sofa vert de cette maison, dans l’empreinte laissée par cette femme, intrigué par les traces de buée sur la vitre…que j’ai lu son livre. Et, je me suis persuadé que cette belle femme rousse était Catherine. Et si je suis seul sur le sofa c’est que dans un temps parallèle à celui de ma lecture, elle m’a délaissé pour son bureau, à l’étage de cette maison, et que peu à peu les évènements de Daily Texas … La dérive technocratique est advenue. L’écriture est prophétique. La narration est un salut. … ont créé un temps nouveau. Un temps de l’événement, un temps de l’existence. Ce livre est animé par cette idée si simple et si belle que la vie d’un homme est narrative. Voilà, on peut changer de point de vue, voilà l’événement existe, voilà on peut se révéler à soi-même et aux mondes, le processus existentiel est narratif, donc les temps parallèles existent, donc la vie humaine est agitée par des éléments qui lui sont extérieurs, voilà, les percevoir est primordial. Je prends l’avion ce soir à 21h. Je rentre de Daily, Texas. Je quitte à regret ces longues plages de sable blanc…
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : les lecteurs ont écrit
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 16:25
Revue Qualitique de juillet août

Témoignage de Lecteur
DIdier Serrat, Dirigeant d'entreprise

Dayly Texas est un roman qui m'a interpellé comme dirigeant d'entreprise.
Il est écrit avec beaucoup de sensibilité et en même temps
j'ai été projeté dans l'anticipation réaliste de ce que va devenir
l'entreprise au milieu des courants très puissants créés par le
mouvement de responsabilisation sociétale des entreprises.

La traçabilité des produits qui est un de ces courants
puissants permet de retourver l'implication de Macrosanta
dans un trafic d'organes. La police scientifique joue aujourd'hui
un rôle crucial en cas de meurtre. De même, pour les autres
transgressions et cirmes, les experts en traçabiltié ont les moyens
d'identifier rapidement les intervenants ou les compromissions
des entreprises en examinant leurs produits, leurs sous-traitants,
leurs fournisseurs.

Autre courant puissant, les contrôles internes, avatar
de la gouvernance d'entreprise, font peser sue le chef
d'entreprise la responsabilité pour tout détournement
de l'objet social de l'entreprise qu'il soit commis
par lui-me^me, ses salariés, ses sous-traitants ou ses
fournisseurs. Voilà une responsabilité qui sera de plus
en plus lourde à porter.

dans la nature, les marées s'inversent et les courants
cachent des contre-courants. Mais dans le monde
des affaires, n'attendons pas trop d'un hypothétique
reflux!

Dans Dayly Texas la régulation viens des institutions internationales,
où le paère de Sam a travaillé. Ses nombreux efforts minuscules
ont finalement contribué à éradiquer le nazisme symblole mmeêm
de la perversité possible de l'humanité.

Enfin l'espoir naÎt dans le roman, lorsque Sam en se réconciliant
avec son père après de longues années de malentendus, se réinscrit
dans la très longue chaîne de ses aïeux. Cheminement tardif et imprévisible
d'un homme livré à lui-même malgré son éducation familiale, qui
rentre enfin dans la communauté des humains.

ne manquerait-il pas dans notre société occidentale un
rite de passage symbolique et fort qui oblige l'homme
à s'inscrire dans son humanité?
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : entreprise
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 16:25
Article juillet aôut revue Qualitique Rubrique Actualité La responsabilité en question ou Sam, le héros ordinaire de Dayly Texas Catherine Redelsperger vient de publier "Dayly Texas" chez Hachette LIttérature (voir Qualitique 188) Le blog du livre est à l'adress : http://dayly-texas.over-blog.fr Interview de l'auteur Le personnage central du roman est Sam Rosenfeld. Il travaille comme
directeur juridique pour Macrosanta, une multinationale américaine dont l'activité principale est la conception, le brevetage, la commercialisation d'OGM. La question de la responsabilité est au coeur du livre. De quelle responsabilité s'agit-il? L'activité de cette entreprise qui produit des Organismes Génétiquement Modifiés, se situe à la croisée de trois révolutions : la mondialisation de l'argent, la mondialisation de la circulation de l'arger et la révolution génétique. Sam Rosenfeld est un cadre brillant qui présente tous les caractères de l'excellence. Il atteint les objectifs qui lui sont fixés, gagne ses procès possède une vision stratégique, innove. Plus encore, il est astucieux. Il fait partie des cadres dirigeants, mais il n'est pas réellement responsable Il exerce une responsabilité de façade. La définition de responsabilité comporte deux voltes. Je peux répondre de mes actes devant une personnes qui m'a confié une responsabilité et je peux répondre des conséquences de mes actes. Dans le premier cas, je limite ma responsabilité à l'entreprise et à la ligne hiérarchique. Dans le deuxième cas, je prends en compte les effets que mes actes auront dans le temps ce que recouvre la notion de développement durable Sam a un relation étrange avec son père? Sam Rosenfels est dans l'attente de la reconnaissance de son père, le LIeutenant Rosenfeld, héros, figure du "juste". Sam transpose son besoin de reconnaissance dans le contexte de l'entreprise et recherche l'approbation de son patron, fondateur de Macrosanta pour le satisfaire. Il obtient une nourriture affective, complétée par une rémunération financière considérable. C'est ainsi que la multinationel parvient à "acheter" son sens de la responsabilité
"durable". Sam manque-t-il de bon sens? Sam est intelligent et pourtant il ne pense pas. Il utilise son intelligence pour agir dans le sens de l'entreprise, mais il ne pense pas le sens des actes de l'entreprise. Il n'utilise plus ses cinq sens. Il les a sacrifiés pour que l'argent n'est pas d'odeur, pour ne pas entendre les questions que l'on lui pose, pour accepter les points aveugles des hommes de pouvoir, pour se résigner à toucher sans caresser et à parler sans connaître la saveur des mots. ayant perdu l'usage de ses sens, il est dépossédé du sens de sa vie. Un évènement fait bifurquer sa vie? Sans cet évènement il ne serait peut-être jamais sorti de sa torpeur confortable. Mais voilà que le révélation d'un trafic d'organes auquel Macrosanta pourrait être mêlé le projette dans la grande aventure de sa vie. Il prend conscience que son entreprise joue dangeureusement avec les limites de la loi. Il redécouvre la déintion que le code de Nüremberg a donnée de l'homme "L'homme ne peut être réduit à un animal, l'homme ne peut être réduit à ses organes, l'homme ne peut être réduit à une choses, l'homme ne peut être réduit à une marchandise, l'homme ne peut être désymbolisé. (Dayly Texas, page 48) AUjourd'hui, ces limites sont franchies. Le trafic d'organes réduit l'homme à une marchandise le clonage fait de l'être humain une chose. Le vivant est menacé d'être brevetable : certains pourronts s'en emparer commercialement pour le vendre à d'autres et en faire leur profit. Pourquoi parler de cloisonnement? Ces limites sont franchies d'autant plus vite que les trois révolutions : mondialisation de l'argent, de l'information et génétique - s'opèrent simultanément dans un monde cloisonné qui a du mal à les penser de manière reliée. Macrosanta illustre ce cloisonnement par la division des responsabilités entre experts qui travaillent en sils et par la dilution des responsabilités dans le montage financier et juridique de société sous-traitantes. Chacun est responsable de sa tâche, personne n'est responsable de ses actes et de leurs effets. Une transformation? L'enquête sur le trafic d'organes confronte Sam Rosenfeld à l'histoire de sa famille. Elle est retracée en miroir avec l'histoire de la famille d'Horos, le fondateur mégalomane de la ville high tech de Dayly où tout est conçu pour donner l'éternité à une population de richissismes habitants. Ce roman est l'histoire de la transformation du héros. Il découvre progressivement un chemin qui l'autorise à ne plus être ni en opposition avec son père ni dans le désir d'être la copie de son père. C'est ainsi que Sam redevient Samuel Propos recueillis par Béatrice Quaznik.
Par Catherine Redelsperger - Publié dans : Presse
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 11:47
Article juillet aôut revue Qualitique Rubrique Actualité La responsabilité en question ou Sam, le héros ordinaire de Dayly Texas Catherine Redelsperger vient de publier "Dayly Texas" chez Hachette LIttérature (voir Qualitique 188) Le blog du livre est à l'adress : http://dayly-texas.over-blog.fr Interview de l'auteur Le personnage central du roman est Sam Rosenfeld. Il travaille comme directeur juridique pour Macrosanta, une multinationale américaine dont l'activité principale est la conception, le brevetage, la commercialisation d'OGM. La question de la responsabilité est au coeur du livre. De quelle responsabilité s'agit-il? L'activité de cette entreprise qui produit des Organismes Génétiquement Modifiés, se situe à la croisée de trois révolutions : la mondialisation de l'argent, la mondialisation de la circulation de l'arger et la révolution génétique. Sam Rosenfeld est un cadre brillant qui présente tous les caractères de l'excellence. Il atteint les objectifs qui lui sont fixés, gagne ses procès possède une vision stratégique, innove. Plus encore, il est astucieux. Il fait partie des cadres dirigeants, mais il n'est pas réellement responsable. Il exerce une responsabilité de façade. La définition de responsabilité comporte deux voltes. Je peux répondre de mes actes devant une personnes qui m'a confié une responsabilité et je peux répondre des conséquences de mes actes. Dans le premier cas, je limite ma responsabilité à l'entreprise et à la ligne hiérarchique. Dans le deuxième cas, je prends en compte les effets que mes acters auront dans le temps ce que recouvre la notion de développement durable Sam a un relation étrange avec son père? Sam Rosenfels est dans l'attente de la reconnaissance de son père, le LIeutenant Rosenfeld, héros, figure du "juste". Sam transpose son besoin de reconnaissance dans le contexte de l'entreprise et recherche l'approbation de son patron, fondateur de Macrosanta pour le satisfaire. Il obtient une nourriture affective, complétée par une rémunération financière considérable. C'est ainsi que la multinationel parvient à "acheter" son sens de la responsabilité "durable". Sam manque-t-il de bon sens? Sam est intelligent et pourtant il ne pense pas. Il utilise son intelligence pour agir dans le sens de l'entreprise, mais il ne pense pas le sens des actes de l'entreprise. Il n'utilise plus ses cinq sens. Il les a sacrifiés pour que l'argent n'est pas d'odeur, pour ne pas entendre les questions que l'on lui pose, pour accepter les points aveugles des hommes de pouvoir, pour se résigner à toucher sans caresser et à parler sans connaître la saveur des mots. ayant perdu l'usage de ses sens, il est dépossédé du sens de sa vie. Un évènement fait bifurquer sa vie? Sans cet évènement il ne serait peut-être jamais sorti de sa torpeur confortable. Mais voilà que le révélation d'un trafic d'organes auquel Macrosanta pourrait être mêlé le projette dans la grande aventure de sa vie. Il prend conscience que son entreprise joue dangeureusement avec les limites de la loi. Il redécouvre la déintion que le code de Nüremberg a donnée de l'homme "L'homme ne peut être réduit à un animal, l'homme ne peut être réduit à ses organes, l'homme ne peut être réduit à une choses, l'homme ne peut être réduit à une marchandise, l'homme ne peut être désymbolisé. (Dayly Texas, page 48) AUjourd'hui, ces limites sont franchies. Le trafic d'organes réduit l'homme à une marchandise le clonage fait de l'être humain une chose. Le vivant est menacé d'être brevetable : certains pourronts s'en emparer commercialement pour le vendre à d'autres et en faire leur profit. Pourquoi parler de cloisonnement? Ces limites sont franchies d'autant plus vite que les trois révolutions : mondialisation de l'argent, de l'information et génétique - s'opèrent simultanément dans un monde cloisonné qui a du mal à les penser de manière reliée. Macrosanta illustre ce cloisonnement par la division des responsabilités entre experts qui travaillent en sils et par la dilution des responsabilités dans le montage financier et juridique de société sous-traitantes. Chacun est responsable de sa tâche, personne n'est responsable de ses actes et de leurs effets. Une transformation? L'enquête sur le trafic d'organes confronte Sam Rosenfeld à l'histoire de sa famille. Elle est retracée en miroir avec l'histoire de la famille d'Horos, le fondateur mégalomane de la ville high tech de Dayly où tout est conçu pour donner l'éternité à une population de richissismes habitants. Ce roman est l'histoire de la transformation du héros. Il découvre progressivement un chemin qui l'autorise à ne plus être ni en opposition avec son père ni dans le désir d'être la copie de son père. C'est ainsi que Sam redevient Samuel Propos recueillis par Béatrice Quaznik.
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